04 novembre 2009


Vient de paraître :
Les paensements d'Arrière-arrière-grand-maman
Texte : Armand Dupuy
Peintures : Bobi + Bobi
Texte bilingue français/anglais
Biling : french/english
46 pages couleur
21 x 14 cm
9 euros + postage
Edition limitée/ limited edition
contact : animalgraphique@gmail.com
Ce sont d'abord des peintures, trois ou quatre, qui ont ouvert un sillon rouge et sans voix. Puis très vit...e des textes inattendus ont jailli. Ecriture et peintures se sont mises à s'ouvrir, à s'extraire mutuellement l'une de l'autre. C'est dans cet intranquille entre-deux que les paensements d'Arrière-arrière-grand-maman ont été déterrés.
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09 octobre 2009
Yann Miralles
Dans l'après voyage, journal
Jour 1 chronologiquement je pourrais dérouler le voyage comme le paysage, sauf qu’il y faut pour commencer du silence et beaucoup de jours entre qui passent ____________
cette plage de silence où nous sommes au soir si on s’enlève les yeux pour les mettre ailleurs long travelling arrière puis nous suivre, on nous voit de plus loin : nous voici silhouettes parmi l’espace vaste de l’avant-saison bateaux amarrés comme échoués dans peu d’eau d’un côté qui attendent puis mouvement vers la droite et ce sont des petits cailloux qui plongent continûment les vagues amplifiant le silence malgré et plus loin encore un chemin qui monte nous y montons vers d’autres plages et se perd en rochers creusés et remous ou en d’autres chemins de forêt, nous parmi cheminons et au final rentrons – en cette plage de silence il y eut donc nous seuls ____________ les petits cailloux roulent dans la mer il y a la mémoire le son comme la pellicule roule ou reste dans le silence s’y enraye ____________ le son au soir se ravalanche par le brusque freinage d’enfants devant nous en vélo freinant littéralement sous notre nez – et tout arrive on croit que tout arrive d’un coup : le bruit nombreux de la ville, l’agression invisible de leur parole quand ils s’enfuient moqueurs ou simplement indifférents, leur violence car chaque langue a son volume, eux l’ont très haut, puis poubelles-cymbales réverbères beuglant, lumière bleue des bars – on croit que tout arrive et pourtant le silence se poursuit dans de la nuit où nous marchons et rentrons comme si d’elle se chiffonnait sur nous solitaires son mouchoir ____________ la mémoire est un chant sans bouche : mouchoir de la nuit d’où bruissent des étoiles froissé plié, ainsi cette plage où nous fûmes il faut dire sur tous les tons les multiples variations de cette vague de silence ses infinis accents quand tu écoutes et qu’on crie cela mais du rentré mais du dedans du ventre mien comme crachant dans un mouchoir et prenant des paroles en poche et presque tues les crier sur tous les toits __________ (texte inédit, en 4 parties) Des textes de Yann Miralles sont parus dans les revues Décharge, N4728, Arpa,...On peut également lire deux articles de Yann Miralles sur Remue.net ou Poezibao.
05 octobre 2009
Claude Favre
(pas de titre ni rien, feuilleton, épisode 2)
es-tu là tu es à. batailler tous les passés / herses conversations. se mêlent langues à.en / exténuer l'homme à.n'a pas ni. ni pensées. t'en / fous. tuer. morts tous déjà à te. plus que toi / tue. morts à langue. es-tu déjà. seule. à douce / à.seule. apportes-tu la guerre.
morts à plus qu'à et toi tue. n'es. morts à / langues.là es-tu déjà. seule douce à. personne. / personne. asticots tous d'avoir. tu rien à. à / pisser dessus eux dessus toi rien. juste / foutue. sauf la langue j'ai un passé. avec le coin / de l'oeil. l'oeil fou des chevaux fous. comme. / personne. sans mots. fous. dards et / festins.qu'apportes-tu des mots. loups de l'oeil. / fous. des séditions funestes. il y être. à. n'y aura n'y sans. les hommes. ni / rien à rien de. mais. la peur et rejouer. es-tu là.sans larmes tu.folle vivante. qu'ils et / pire. douce. Tête vlang. toujours. malgré. douce. / malgré. je vous soupçonne et des livres avoir lu. / comme des humains. comme vous. toi pas toi pas. / rien de. juste douce. ils n'en. voient rien il / s'en fait tard et trop. tu tue tuée en fais trop / n'en fais pas. tais-toi on t'a. tu n'en. et rien / compris tu n'en. tais-toi. apportes-tu l'annonce. on ne peut plus à se. tard / on ne peut plus gagner.tu le sais à. bouche / saigne champs d'amour. juste douce à jamais ils / ne. et jamais ne sauront ni. à suivre.... (texte inédit)
03 octobre 2009
Claude Favre
(pas de titre ni rien, feuilleton, épisode 1)
es-tu là. on t'a dit douce. on t'a dit comme ça. / parle comme ça. comme ça manières. vieux chiffon / gosse. sale. à cris rentrés. fouaillée. on t'a / dit douce tue. à pas jamais à dire. tue. tais-toi / on t'a dit pire. à coups spermes. juste douce./ coups et file. tue.
bouche dans la tête vlang. des mots comme on / s'en. jamais. sangs à trop. à pas à ni de. juste / douce juste tu. comme ce qui pleuré. les mots / comme plus jamais. d'un côté ça finira. ça. comme / hérissée piquants. la bouche tue. s'en front / dirait frottés. bouche te saigne issée. à plus / jamais.
il n'y aura. les chevaux. veines rapprochées de / l'oeil.
foutus leurs yeux foutue la mort foutue. pas / comme. comme ça on t'a dit pas comme. pas parler / pas dire. tue. douce. à jamais à toujours. su tu. / à front la tête beuglés les mots. comme. folle. / tue à tais-toi. de merde tu es de merde. ta mère / te dit tu es la mort. douce encore tu es encore. / te dit t'ai chiée.
(Texte inédit, Pas de titre ni rien, premier épisode, à suivre...)
04 septembre 2009
Un nouveau texte, paru chez Publie.net: en avant les.
Comme 9'32 / Pollock, il s'agit d'un texte en peu de jours, note Fred Griot. Un texte venu de manière insistante.
Juste l'envie de préciser que tout ne tourne pas à la même allure à tous les étages, et que ce genre de texte s'écrit parallèlement à d'autres, qui demandent une infinie lenteur.
Merci à Publie.net d'accueillir cette part du travail.
24 juin 2009
Alexandre Valassidis
Je connais des endroits, j'ai noté les trajets.
La nuit, la mer s'écrit à reculons, ouvre des bras
Immenses qui ont des bouches minuscules.
j'ai noté:
la rue aux réverbères, et le voisinage dans les fenêtres
entre les poumons.
Le monde.
Plus loin, des voix s'inquiètent,
où est ma voix?
Il faut rentrer les mains dans le corps,
activer les mécaniques subalternes, sous-jacentes,
sourdes.
Le monde.
Demain, j'arracherai (avec la main triste que j'ai) le feuillet qui
portait la date d'aujourd'hui.
.
(La nouvelle poésie française de Belgique, Taillis pré, 2009 / extraits de Gravats, à paraître)
10 juin 2009
07 juin 2009
Antoine Emaz
Au fond de l'ombre, il y a la terre meuble
puis la terre sèche et serrée, compacte,
et ensuite, la pierre.
Arrivé à cela, on cesse d'écrire. C'est
tout pour aujourd'hui.
quatre mois de presque rien
broyé dans la terre qui parle
Il en reste toujours sous les ongles.
.
(Poème de la terre, La Bartavelle, 1986)
Vient de paraît Lichen, Encore... on en parle ici.
26 mai 2009
Bruno Fern
au
mot près
à Geoffrey Hill
des
copulations de grenouilles :
voilà que nous sommes
tombés
en plein dedans, ni intrus ni vraiment à notre place – ce qui laisse une
impression difficile à dépasser, un décalage permanent, pas seulement entre les
paroles et les gestes ;
d’autres
ont des phrases sûres de leur coup ils enchaînent à la perfection qui n’est pourtant
pas de ce monde rectifient (avec raison) en coagulations
savent
au nom de qui faire couler la circulation sanguine ses limites qu’ils excèdent
allègrement
faut
dire que l’engendrement n’est pas leur truc : spécialistes de la
déliaison, promoteurs cool de quartiers pour seniors, etc., ils laissent des
traces les suivent s’écartent toujours plus
loin
des marais fendent
l’air
et les crânes depuis des siècles parfois une voix s’élève à hauteur variable
une
gueulante
composée
(texte inédit, extrait de Livres)
*
Bruno Fern est l'auteur de Cheval porteur. Des textes sont également parus chez remue.net.
Enfin, lire un article de D. Quélen à propos de Cabine double.
19 mai 2009
Roger Lahu
C'EST DÉCIDÉ
dessiné aussi (à traits frustes)
décimé (en comptant
jusqu'à un vague dix
malhabilement
sur ses doigts) :
(soleils crevez
vous les yeux
trop de lumière nuit
à ce noir qu'il faut
pour que ça se voit petit peu les photons
mesquins
des jours après les jours )
je vais me désapprendre
à branle bas mon corps
et biens mal acquis
-oh biens de peu biens qu'on dira par joke borions
comme abolis
avant même qu'eus -
hypothèques hypothèses ? Quelque chose
« dans ces goûts là » (aigre-doux)
c'est pour de jeu de semblant
mais ça ne compte pas cependant (et tous pendus
annexes)
(aux langues bleues) (et sexes roidis – in extremis )
pour du beurre
on verra
verra bien
temps sans prix bien fixé arrêt sans images stables
c'est
« comme ça »
C'EST FAUX TOUT FAUX
longue lande lasse des demains
mains crispées sur la faux
je m'aperçois toujours trop tard
sans vraie angoisse
ni poire pour mes sécheresses intestines
« t'as tout faux » c'est tout ce que je me susurre
comme découragements
façon de stimuler simuler
Roger Lahu par Noa (bibliothèque de la Part-dieu,13mai 09)
ET PÜIS ON FINIT TOUJOURS PAR APPRENDRE
par un hasard hasardeux
que très loin quelque part près d'un fleuve
son nom propre
signifie
« bonne viande de tigre rôti »
et aussi veut dire autre chose
sur l'autre rive
du même fleuve
et qu'on a ses propres langues
et écritures
ça donne envie
de rugir d'une joie
momentanée
une joie assez propre
pour être
mentionnée
même au bord de sa propre
petite rivière sans grand courant
(Textes inédits, extraits de 8 blues arythmiques, avril 2005)
17 mai 2009
Publie.net / deux textes
A découvrir, deux textes forts, chez Publie.net, l'un de Cécile Guivarch, coups portés, l'autre de Nicolas Grégoire, boucle ça. Tous deux présents sur mots_tessons, depuis longtemps. Des extrait de ces textes, dans leurs versions de travail, sont d'ailleurs en ligne ici et là.
Deux écritures sèches, chacune à leur façon. L'une faisant bloc, l'autre s'étirant sur la page, toutes deux cherchant, toutes deux bégayant, toutes deux visitant la solitude et les liens familiaux, là où ils sont les plus compliqués. Et par cette exploration, tenter de s'y retrouver, de tenir le coup...
On n'en dit pas plus, il faut aller voir.
15 mai 2009
Claude Favre
(cliquer sur les textes pour agrandir)
(Texte inédit, extrait de 440 chameaux pour 17000 livres)
13 mai 2009
Mathieu Brosseau
Tu
as vu qu’il était un silence majeur, une mélodie de l’action qui se parfait, tu
vois maintenant qu’il est un amour, un allant contre lequel je ne saurais
lutter, même dans l’attaque des empires, l’être se déforme dans les actions de
l’esprit vengeur, l’être s’accoquine avec les dépravations autant qu’il aime à
se mouvoir dans la joie, il me faudrait te dire l’essence de l’amour à jamais
renouvelé entre les peaux, le museau de l’animal flaire le genre comme la peur,
son museau précède ses yeux imparfaits, l’animal pense réagir, on croit que l’animal
réagit alors qu’il est cohabité, on le croit cohabité, longtemps j’ai craint la
possibilité de la devenir, quoi ?, la peur, à marcher par mes mains, tic, tac,
longtemps j’ai cru qu’il fallait
revenir à terre pour mieux la sentir, je lèche la terre, le sol, les trottoirs, je lèche la ville, les faubourgs, longtemps j’ai crû entrevoir un semblant de schéma éthique à réétablir et fondé sur son absence, tu souffles un coup dans le noir de ton ombre et tout se transporte loin d’ici, dans l’ombre d’un autre, tu vois, une éthique de l’inhumain, je te sens dans ton ombre, tu es tous les hommes dans leur nombre, tous les hommes me parlent, les ombres communiquent, et tu crois que c’est dans le marc de café, tic, tac, ça s’appelle une idée projetée, à moi aussi, il m’arrive d’imaginer, d’ailleurs : longtemps j’ai imaginé qu’en m’abaissant, les hommes n’iraient pas me marcher dessus, mon ombre a depuis longtemps décidé de ne plus s’inscrire, seule dans la cachette du soleil, tic, tac, on n’y voit rien…
(extrait de Uns, texte inédit)
Et pour ceux qui ne l'auraient pas lu, un entretien avec Mathieu Brosseau, paru sur remue.net.
01 avril 2009
Patrick Dubost
) séquoias ( ) le soleil et les ombres déjà ( ) le marais n'a pas d'autres solutions que ( ) de l'eau jusqu'aux genoux ( ) deux kilomètres environ ( ) les joncs ( ) débris flottants ( ) rangers en progression sous-marine et je n'oublie jamais, dans ce contrepoint ( ) car la fatigue structure là où tout fuit ( ) quelques regards vers les toits rouges (
photo Nicolas Grégoire - Rwanda
) jambes noyées sous la boue ( ) tous mes gestes me rapprochent de la surface glauque ( ) de l'eau jusqu'à la ceinture maintenant ( ) désordre gobé par le calme ( ) les toits rouges dépassent encore au-dessus des joncs (
) de la boue, de l'eau et du sable ( ) à hauteur de poitrine ( ) je respire difficilement ( ) ne plus bouger ( ) les joncs s'inclinent (
*
( ) le corps du paysage ( , la rumeur libre, 2008, p. 19 - 20)
Site de P. Dubost
29 mars 2009
Olivier Bourdelier
Les mots sont les mêmes je marche
pousse mon poumon noir devant
sans doute j'ignore sans doute
je n'ai pas de hâte j'ai
crainte de ma mort et toi.
Une lecture de J-P. Dubost sur Poezibao
(si la lune est là, pré#carré, mars 2009)





















