18 août 2006
Race - Track - Blues / Tchangodeï
Race - Track - Blues
Vidéo envoyée par mots_tessons
si tu n'as pas
connu l'usure
de l'infernale
attente
ce vertige
à voir la soif
ne susciter
que désert
si tu n'as pas
vécu la séparation
comme une hémorragie
n'espère pas
desceller
ton visage
recevoir
ta liberté
des rigueurs
de la loi.
( Charles Juliet)
Commentaires
OOOOOOH !!!!
Quel beau cadeau !
la musique est belle ...
je suis moins convaincue par le sens du texte ...
n'y a-t-il pas de "salut" hors de la souffrance ?
Il ne faut pas mal interpréter le texte. La souffrance n'est pas à cultiver, ce n'est pas un objectif. Mais gagner du terrain sur soi, grandir, changer, ne se font pas sans cela. C'est le sens que je donne à la chanson, au texte aussi. Tout simplement.
peut-être as-tu raison ... mais le "si tu n'as pas" .... suivi de :
"n'espère pas" ... ça me parait quand même une condition sine qua non ??
et "vivre la séparation comme une hémorragie" cela exprime quand même une grande souffrance
de là à accueillir la souffrance comme quelque chose d'insdipensable pour se construire .... il n'y a pas loin, il me semble
Ca ne prétend pas faire office de généralité! Ce n'est en rien une injonction. Une expérience subjective parmi d'autres. On s'arrange comme on peut! Parfois on n'a pas le choix!
Une précision.
Dans les textes de Charles Juliet, les poèmes plus particulièrement (sans doute) le tutoiement n'est pas adressé au lecteur, mais à CJ lui-même. C'est une sorte de soliloque, un dédoubelemnt (introspectif) dans lequel il cherche à se donner une trajectoire.
Et si j'ai choisi ce morceau c'est que j'ai dû me sentir assez proche de ce qu'il évoque.
C'est vrai que ce "tu" à quelque chose de violent pour le lecteur à première vue, car ça pourrait faire figure d'injonction!
Poésie de Forage
Pris isolément les poèmes de Charles Juliet ont une aridité qui peut rebuter les lecteurs qui prennent ces monologues comme quelque chose qui leur est adressé personnellement. Longtemps Charles Juliet n'a pas compris d'où lui venait cette eau noire et pessimiste qu'il lui fallait faire remonter des profondeurs , dans son insondable marasme originel. Longtemps privé des clés de compréhension de sa propre maison intérieure et tiraillé par le besoin de vie qu'il avait aussi en lui, en regardant dehors, les poèmes ont suivi ce cheminement si difficile. La forme et les mots étaient comme un matériau brut( métaphore de l'inconscient) dans lequel il a découpé des morceaux en les arrachant littéralement des limbes auxquels ils appartenaient. Petit à petit, il a trouvé des matériaux moins hostiles, jusqu'à trouver ceux qui recélaient la joie et l'apaisement. C'est donc une longue "pérégrination "à laquelle, j'ose dire, les poèmes assistent... "Le poème est un rapt" disait-il autrefois, il surgit pratiquement tel quel, au rythme de la marche solitaire ou au décours d'une nuit qui ne laissait rien présager d'aussi soudain et massif...
chant
Je viens d'écouter le chant (la chanson ?) sans lire le texte de Juliet, et en "sautant" les commentaires liés au texte, pour ne pas être influencée. J'aime beaucoup, beaucoup. J'envoie en lien de ce pas à mes amateurs de musiques (mari et fils aîné).
J'ai toujours été "dérangée", "agacée" par le jazz (je ne sais pas pourquoi, c'est assez viscéral) et j'ai toujours été "réconfortée" par le blues...
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