mots_tessons

Poésie

16 janvier 2007

Jean-Claude Bourdais

Et la mer disait...

(Chambelland, 1988)



La mer roulait ses vagues, l'amour creusait son gouffre
Et la mer disait:
On ne peut pas t'aimer puisque tu ne veux pas aimer,
chaque seconde te fera chuter plus encore,
le silence des autres te tuera
car tu n'écoutes pas...

Et la mer disait:
Tu demandes trop:
tu n'auras que le vent dans ses cheveux
la trace de son corps dans le pli des draps
l'odeur de son cou sur tes joues
le froid de ses mains dans les tiennes...

Et la mer disait:
Ne reviens pas en arrière,
tourne en rond dans ton désert,
je suis haute, je suis pleine,
je taperai sur la digue jusqu'à la nuit des temps...

Et la mer disait:
N'aie pas peur,
ta vie n'est même plus à perdre...

[...]

photos___Mimizan_474__

                                                              photo a.d 2006

Il reste debout
noir d'écume   blanc de rage

Et la mer disait:
Tu alignes les mots sans savoir ce qu'ils mentent
tu joues avec eux comme les gens avec toi,
tu crèveras de ne te reconnaître nulle part
dans tout tes miroirs...

Et elle disait:
Ne te cherche pas en moi,
tu ne trouveras que...


Posté par mots_tessons à 20:39 - J'aime - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

On découvre chez vous des merveilles. J'ignorais tout de ce Jean-Claude Bourdais et ce texte m'est une révélation. Outre votre propre talent (par ailleurs considérable) vous êtes un défricheur hors-normes. Très cordialement

Posté par Pascal Perrot, 17 janvier 2007 à 16:27

Pour toi Jean-CLaude VIA Armand et pour aller aussi dans le sens de DURAS s'exclamant : "Parce ce que c'est un mensonge de dire que la mer est noire !... Je t'offre ici la transcription de l'un de mes poèmes d'Impassibles Guetteurs


*



Nulle onction au désir

dans un tremblé vivant
vos sobres retrouvailles

l’œil reviendra chercher
son écho insulaire

la voix s’éblouira
à l’aplomb du visage

le geste aura sculpté
son élan
frontalier
et le temps
sa cognée

l’érectile patience
et sa sève embusquée

les larmes nourricières
et le chagrin sevré

la pulsation paisible
venue du bois cardiaque

la stridence inouïe
des sentiments écrits

la propension gourmande
aux orgasmes indivis

l’égorgement voulu
de la plainte des corps

l’apologie gémie
des esprits qui s’enfièvrent

la transe incomparable
de ceux qui aiment
en marge

pétrifiés
d’impuissance

Posté par Mth P, 21 janvier 2007 à 23:19

Poésie

Et la mer disait, caresse mes vagues comme les cheveux d'une femme,

Et la mer disait, plonge en moi, tu trouveras le calme des profondeurs, où seules les baleines vont et viennent,

Et la mer disait, laisse toi bercer par les flots, tu iras au bout du monde...

Pascal M. (Namur - Belgique)

Posté par GIGI, 15 février 2007 à 22:40

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