29 septembre 2007
Geneviève Raphanel
Un sommeil blanc
Différentes la solitude
derrière les fenêtres
Yeux dangereux
Un serpent donne le signal
Avec lui tous les mendiants
se propulsent à l'aveuglette
sur une terre souillée
d'écorce Sournoises
douleur elle s'affame
Rien ne plie alentour
ni ne se courbe
Des fleurs enragent
de devoir disparaître
Duel cristallin
dans l'espace La lumière
fléchit Un son
dispute encore au silence
ce qui reste d'invisible
(Cortège de l'errance, Rougerie, 2006, p18)
Sifflement entre deux ciels sifflement
venu inscrire
parole étrangère l'enfant la prend
De son ongle il en écaille
la couleur et la retourne
au silence
Voici le sang jeté avec l'image
sur toute chair
la couverture de neige
les feuilles parmi les voix
(Surgi de ce temps, Rougerie, 1995, p.42)
A toi de crier maintenant
tu marches tes pas font un bruit d'ailes
ton visage de vaincu sourit
sur ta nuque le poids d'un monde mort
Est-ce le rougeoiement de l'aube
qui creuse la route
tu marches toute chair rompue
serait-ce ton sang
sous le sable qui s'amoncelle
Nul retour
et quel seuil indéfiniment reculé
tu ne le franchiras pas
(De la mort et de l'azur, L'arbre à parole, 1991, p. 16)
- illustrations d' Henri Morvant, accompagnant Cortège de l'errance -
21 septembre 2007
Franck Venaille
Malade à vomir des pierres
A cracher de longs sanglots de sang
Mais demeurer debout sans soutien de
Quiconque Ah! Désert de l'âme Cou-
Rage la rage court rage & plus que cela
A donner la nausée aux rats ceux-là
Qui m'avaient tout prédit vous dis-je
Dis-je jusqu'au moidre dé-Tail pas
Ordinaire, anormal ce sang le long
De la fissure Malade à en crier d'âme
De corps à en être, d'émotion: Aimos
Je pense à vous, mort sur les barricades
13 porte-bonheur au tour de main
peinture W. Veit (détail)
(Chaos, Mercure de France, 2006, p.11)






