11 novembre 2007
Seyhmus Dagtekin
Juste un pont donnant sur une pépinière que tu machouilleras, même si tu sais que, sans feu, il n'y aura ni fumée ni amour
à faire surface
ne faisant que rester à la surface
ne faisant que brouiller les surfaces
où on aurait pu se mirer
pour y trouver éclosion
et viatique
On se défait de la vie à mesure qu'on s'y installe, alors je le sais, ce qui est dit n'aura aucun sens. Le sens se défait à mesure qu'on le dit. Il se dédit dans le dire. Mais de quoi mourrons-nous alors que le sens même peut varier, s'avarier. Cela fait-il partie de ses avarices qu'il suffirait de cuire trois minutes pour qu'elles tendent vers la dilution complète? Il ne nous restera qu'à chanter la disparition du sens dans un pavillon hors paysage, avec paysans et faisans mordus, maladroits sans rien dire de l'exaspération même du sens. Entre pépinières et pellicules
(Juste un pont sans feu, Le Castor Astral, 2007, p.81)
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Avec CLAUDE ROY
"Dans ce coin de la forêt laissé à l'abandon, les fougères ont poussé, si hautes qu'on a peine à se frayer un passage. Sensation de la terre devant l'homme.
[...]
On a lu ce qu'on saute, on a écrit ce qu'on a omis.
[...]
J'en ai vu de toutes les couleurs, mais je regretterai en partant toutes les couleurs que je n'aurai pas vues."
______________________
Claude ROY, Temps variable avec éclaircies, nrf, 1984, p.46,47,48.
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