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Poésie

22 novembre 2007

Jean-François Perrin


Sur la route essentielle

avec les poèmes de solitude de Pavèse
un dimanche après-midi romain

j'étais là
tout ce qu'on ignore

de ce qui dans un regard
un frisson

une tête derrière un journal...

comme un bois contracté par sa propre vieillesse

j'étais là fumée d'homme

dans un extrême
défaut.


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                                    Au ras de l'eau

                                    deux oiseaux
                                    poursuivent deux oiseaux.


(Fragments de proximité, L'arbre à parole, 2007, p.8 et 29)

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16 novembre 2007

Jane Sautière


Les lieux de ce travail, les maisons d'arrêt, la vieille, la neuve. Celle-ci, ni rat, ni poussière, confite dans son béton, plus impitoyable que l'autre. Les banlieues, à parcourir en tous sens, à chercher des bus qui ne passaient  jamais. Le service d'accueil des sortants de prison sans domicile, un entresol, entre la maison d'arrêt et l'asile psychiatrique, entre deux vins, entre deux maux choisir le pire. Ces lieux peuplés de vous, de vos histoires. Ce que la mémoire refuse de garder et que l'écriture refuse de délivrer.

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Une façon de vivre aussi, de regarder le monde. De regarder comment ça broie une vie, comment cela se confectionne un destin, ce qui ne se commande pas. L'injustice, oui, l'injustice, mais aussi l'impuissance.
La peur de toutes ces violences mises bout à bout. La vôtre aussi, elle m'irradie encore. Je ne peux pas être dans la rue sans savoir, sans guetter, sans me préparer à esquiver vos crocs et vos becs. tout est à craindre, tout le temps, et de tous, puisque, précisément, il n'y a pas de monstres.


(Fragmentation d'un lieu commun, Verticales, 2003, p. 9 et 10)

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15 novembre 2007

Jacques Josse


Port-Moguer

Au milieu des fleurs, des orties, un autre, avachi sur le siège à la place du conducteur de tracteur, parle aux vaches, roule un mégot sous la langue, sent l'écume, la mer à sa portée, là-bas, à trois talus, où les femmes allongées sur le sable n'entendent pas la litanie du glas qui coupe l'après-midi en deux.

photos__

                    Retour en arrière

                Il tremble
                reporte sa visite,
                touche d'abord sa mémoire,
                sur un lit d'aiguilles de pins pourries
                où ivre, à la mercie d'un vin de seigle,
                il s'écite des gerçures aux lèvres
                en s'allongeant face contre terre.

.

(Vision d'un semblant d'absence au monde, Parole d'Aube,1998, p.54 et 59)

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11 novembre 2007

Seyhmus Dagtekin


Juste un pont donnant sur une pépinière que tu machouilleras, même si tu sais que, sans feu, il n'y aura ni fumée ni amour
à faire surface
ne faisant que rester à la surface
ne faisant que brouiller les surfaces
où on aurait pu se mirer
pour y trouver éclosion
et viatique

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On se défait de la vie à mesure qu'on s'y installe, alors je le sais, ce qui est dit n'aura aucun sens. Le sens se défait à mesure qu'on le dit. Il se dédit dans le dire. Mais de quoi mourrons-nous alors que le sens même peut varier, s'avarier. Cela fait-il partie de ses avarices qu'il suffirait de cuire trois minutes pour qu'elles tendent vers la dilution complète? Il ne nous restera qu'à chanter la disparition du sens dans un pavillon hors paysage, avec paysans et faisans mordus, maladroits sans rien dire de l'exaspération même du sens. Entre pépinières et pellicules

(Juste un pont sans feu, Le Castor Astral, 2007, p.81)

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08 novembre 2007

Claude Favre


beaucoup_de_li_vres_po_tiques

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beaucoup de lièvres poétiques, erreurs et souvenirs, merci à demain, bonjour tout est à vendre, expérimentations, menteries non réclamées, coups bas, sirènes, ombres, toujours la vie ça, râcle et ça recommence, mégots d'espoirs qui encrassent, peaux, empâtent, et caille des souvenirs, qui fois de, nous arrangent parfois rages, qui marnes, pagaille toujours la vie ça, et détours soupçonneux, et combien danses départs, la qualité de l'air, cendres, tourne tourne sous la forêt, on se dit c'est différent, et les ombres, ça tourne tourne la tête la vie ne va jamais


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(inédit)


Entendre Claude Favre (la nuit remue|2) /    ici

et la  lire, ici et

encore là, un superbe texte


 




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03 novembre 2007

Albane Gellé

un homme il ne court pas il trébuche ses pieds ses chaussures quelque chose ne va pas en bas c'est pas assez solide ou quoi on croit qu'il va tomber il ne tombe pas il trébuche oui il pourrait lever les yeux prendre  son temps c'est ce qu'on se dit au lieu de nous faire pleurer tiens même quand il s'arrête il n'est pas tout à fait debout plutôt penché tremblant c'est énervant à la fin cet homme qui trébuche il pourrait faire attention quand même merde

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une femme elle reste à la fenêtre elle ne se jette pas par-dessus bord elle n'ouvre pas elle regarde la vitre on n'en sait rien elle ne dit rien de ce qu'elle voit est-ce qu'elle voit seulement et puis son front il est collé ça fait de la buée sur cette vitre qui la sépare du monde

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(Un bruit de verre en elle, inventaire / invention, p.18 et 25, 2005)

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01 novembre 2007

   Lire ici    dehors / hors de / horde (en cours)

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                                     Peinture / Winfried Veit 2006

carnet

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