12 avril 2008
Turin
Décidons, ce matin, sur un coup de tête, de passer quelques jours à Turin (21 - 24 avril). Et j'ai envie, avant de partir, de relire Le métier de vivre de Pavese. Livre qu'il me faut racheter puisque mon exemplaire est toujours emballé dans les cartons de déménagement. En sortant de la librairie, je parcours quelques pages à la recherche d'un 12 avril, n'importe lequel, pour voir ce que Pavese peut bien avoir à dire un 12 avril. Je tombe sur cette note du 12/04 de 1941 qui me cueille au bon moment:
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L'un des plaisirs humains les moins observés est celui de se préparer des
événements à échéance, de s'organiser un groupe d'événements qui aient une
construction, une logique, un commencement et une fin. La fin est aperçue
presque comme une acmé sentimentale, une joyeuse ou flatteuse crise de
croissance de soi. Cela s'étend à la construction d'une réponse du tac au tac à
celle d'une vie. Et qu'est ce que cela sinon la prémisse du fait de narrer?
L'art narratif apaise justement ce goût profond. Le plaisir de raconter et
d'écouter, c'est de voir se disposer des faits selon ce graphique. A la moitié
d'un récit, on se retourne vers les prémisses et on a le plaisir de retrouver
des raisons, des clés, des motivations causales. Que fait-on d'autre quand on
repense à son passé et qu'on se plaît à y reconnaître les signes du présent ou
de ce qui se passera ensuite? Cette construction donne une substance, une
signification au temps. Et le fait de narrer est en somme seulement le
moyen de le mythologiser, un moyen de lui échapper. (p.266)




