27 avril 2008
Antoine Emaz
la lumière cerne serre ferme
même les mots
un silence de verre
l'air fait bloc
la lumière le traverse
comme une loupe
dans l'air
râpeux
jardin comme raclé
par la lumière
elle coupe net aux angles
aux moindres relief du crépi
mur
éclatant de blanc
the light surround clings closes in
even on words
silent as glass
air hangs solid
the light a magnifying glass
cutting through
the roughness
like a blade
that scarpes
across the garden
slicing the corners of the wall
the tiniest plaster bump clean
wall
blinding white
(Petite suite froide / Ice suite (trad. Delia Morris), Atelier des Grames / coll. l'à bordée, 2005, p.19 et 18)
Commentaires
Emaz, la neurasthénie sublimée
Antoine Emaz a été une grande révélation lorsque je l'ai découvert, il y a une dizaine d'années, avec le recueil "boue".
Les mots me manquent toujours pour en parler. je comprends juste ce qu'il écrit. Tout cela me parle incroyablement. Cette distance d'avec le réel, cette lenteur, ce regard incroyablement lucide sur l'existence, et sur ces murs qui nous sépare tant des autres, du dehors que de nous-mêmes.
Un grand, un très grand poète.
JMU
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