07 mai 2008
Emmanuel Laugier
Jouer avec
des paquets de poussière et la soif
que donnent les laines de verre sous les toits et qui ne passe
devant nous l'oeil
dans le coin qui appelle
à qui répondre quand répondre du fond de la bouche
quelque chose bégaie
qui ne remonte pas et il y a
ce trou la honte un désordre de tessons
par où tout s'écarte à l'intérieur
et dehors l'ombre des mains se plaque sur la figure
et tout ce noir entre en paquets prend dans la bouche presse ce qui
reste d'une bouche dans la bouche aspire toute cette tête qui
se serre autour
*
Tout ce blanc rentré dans l'ampoule éclate dehors
rentre ne tête dans ce bout en boule dans l'oeil en reflet
ou en flash
comme qui frotte une allumette où il fait noir vers rien que le noir
reste
avec une tache dans l'oeil qui oscille mais reste
barre au bout
(L'oeil bande, Deyrole Editeur, 1996, p. 33 et 42)
01 mai 2008
Cid Corman
Deuil -
presque tout
ce qui est
a été
La perte
pèse et
tient à
Ô
Personne
pour entendre
(sans vent)
les arbres
Feuilles
restantes - est-ce
ce qui
reste
Les mots -
ce souffle -
toi - non -
moi?
Comme s'il s'était jeté de lui-même
au milieu de la route le chien -
pas mort - épuisé - aboyant toute la nuit
prêt à se taire - si possible -
jusqu'au retour de la nuit. Mais là - se levant -
à contrecœur - comme je passe - incertain
de ce que je mijote - là debout -
avec un air abject de lassitude et de peur -
sans même prétendre être un chien.
(Vivremourir précédé de Lieu, L'act em / coll. La rivière échapée - Trad. B.Beck & D.Quélèn, 2008, p. 55 et 87)






