mots_tessons

Poésie

18 juin 2008

Florence Pazzottu

            Ce n'est pas rien de se prendre la nuit en plein dos.

Belgique_011


            infernal

            Le plus difficile à comprendre, à avaler,
            pour qui a affaire à cette obscurité, c'est qu'elle
            n'intéresse personne (elle devrait! pensé-je
            maintenant que j'ai grandi, assez pour ne plus croire
            mienne, étroitement, cette humaine universelle
            obscurité); sans doute est-ce pour ça que dans toute
            famille naît un jour un enfant dit "infernal",
            qui prend sur lui tout l'obscur dont chacun nie l'existence
            et qui, du fait de ce déni, insidieusement
            contamine tout l'espace, toute relation
            possiblement vivants: sur cet enfant, qui venu
            de l'obscure le révèle, il ne peut pas en être
            autrement, lui qui, sans le savoir encore, mais
            avec une intensité, une faim d'exister
            qui ne se laisse pas étouffer, cherche un chemin
            vivant hors de l'évitement, comme sur celui
            qui vient témoigner de l'humaine inhumanité,
            de l'anéantissement de l'homme par lui-même,
            se reporte, se cristallise tout le déni.

              (la Tête de l'Homme, Seuil / Déplacement, 2008, p.36)

Posté par mots_tessons à 14:05 - Poésie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cette quête dans l'obscur...

Dont parlait Jean-Pierre SIMEON à propos de Charle JULIET... Elle ne renvoie pas fatalement dos au mur. Dans le meilleur des cas elle oblige à trouver le mouvement transgressif du dégagement.
Le peintre comme le poète ont cette obsession du sursaut en dehors de ce qui étrangle la voix humaine... Saluer ce mouvement, l'amplifier par le regard de soutien . "Face à face avec la mort "... Réduire l'étreinte de l'obscur, accueillir la lumière là où elle se retranche, parfois très loin dans une vie...

Posté par Causeuse, 23 juin 2008 à 01:03

La passe du Maleström

Son ombre va plus vite que lui

Mais n’y a t’il donc rien à préserver ?
à espérer ?

Que noirceur et obscurité
Que sans cesse la bile s’écoule
Que sans limite l’acide ronge

Ne pas laisser trop de place aux ténèbres!

Et sur cet océan d’amertume
Oublier son fardeau
faire face au maelström

Sursauter hors de ces tourbillons inquiétants,
Pour retrouver sa part de lumière
Et peut-être,

renaître...

Posté par loa, 10 septembre 2008 à 21:13

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