18 juin 2008
Florence Pazzottu
Ce n'est pas rien de se prendre la nuit en plein dos.
infernal
Le plus difficile à comprendre, à avaler,
pour qui a affaire à cette obscurité, c'est qu'elle
n'intéresse personne (elle devrait! pensé-je
maintenant que j'ai grandi, assez pour ne plus croire
mienne, étroitement, cette humaine universelle
obscurité); sans doute est-ce pour ça que dans toute
famille naît un jour un enfant dit "infernal",
qui prend sur lui tout l'obscur dont chacun nie l'existence
et qui, du fait de ce déni, insidieusement
contamine tout l'espace, toute relation
possiblement vivants: sur cet enfant, qui venu
de l'obscure le révèle, il ne peut pas en être
autrement, lui qui, sans le savoir encore, mais
avec une intensité, une faim d'exister
qui ne se laisse pas étouffer, cherche un chemin
vivant hors de l'évitement, comme sur celui
qui vient témoigner de l'humaine inhumanité,
de l'anéantissement de l'homme par lui-même,
se reporte, se cristallise tout le déni.
(la Tête de l'Homme, Seuil / Déplacement, 2008, p.36)




