30 décembre 2008
Alain
Nous ne sommes point condamnés à vivre ; nous
vivons avidement. Nous voulons voir, toucher, juger ; nous voulons déplier le
monde. Tout vivant est comme un promeneur du matin. Toutes ces choses qui
s’étagent jusqu’à l’horizon, elles n’ont de sens que parce que je le veux.
Autrement, ce ne serait que des chatouillements au fond de mes yeux.
merci vrai à la personne qui a fait suivre ce texte au bon moment.
17 décembre 2008
Déborah Heissler
I
A Ph. Rahmy
Tôt après le ciel
dans l’herbe, brisé
rêver l’ocre des os
où le temps s’effondre
– cloués ces corps
le
rossignol, la muse
buissonnière
la
belle aux lèvres de glue –
cloué l’ivoire aussi
sous la mâchoire de
sa dent olivâtre, douce
à la langue
comme une corneille
aux
champs de Van Gogh
(inédit)
Entrée ouest, le blog de D.H.
13 décembre 2008
Claude Favre
_où elle s'en va jusqu'à trop & tard & tohu
plus que diable bohu & vert pourtant le
corps ses sanglots on peut se demander à
quoi bon alpaguer diable faucheur ça nous
plaît tout de même même un peu & des fois
le plaisir qui fauche quand la mort nous a
déjà atteint
_bête culbutée de quelque espoir t'es mort
à n'être pas caresses n'être ensemble on dit
famille & quand ça arrive fièvres mauvaises
enfant on s'effraie à n'être & pourtant on est
quand le monde ça vous remet droit devant
c'est comme un coquelicot un papillon qui
n'en finit pas on court court oublie comme
ce serait un visage penché tendre & on
s'écroule le nez pleine herbe ça picote on
a presque envie de rire mais pas tout à fait
sûr
(Précipités, publie.net, formes brèves, 1,30)
10 décembre 2008
Charles Juliet
ma hâte
à te rejoindre
à te rejoindre
et te recevoir
te faire don
de ce qui m'est advenu
à retrouver la mémoire
que me tendent
ton regard et tes mots
et toi
tu es aussi la rue
la foule la ville
ces places et ces avenues
ces boulevards
un café où nous devisions
ces heures trop brèves
où l'échange efface le monde
nous mêle l'un à l'autre
fait grandir la vie
savoir donner
savoir recevoir
être délivré
de la peur
(Trois poèmes par Charles Juliet, fernbanck studio, Wellington 2004 / 75 exemplaires)
07 décembre 2008
Myriam Eck
Il ne s'est rien
passé
Insécurité ventrale.
Comme des colonies de tortues
Sous terre
Et sans air
À la recherche du premier nid,
Une rage inconvenante me déplace
Vers l'immensité inhabitée,
Nichée au centre de mon corps,
Là où le nœud de la solitude se coince,
En plein dans l’abdomen,
Il ne se passe rien.
Des coquilles vides redistribuent le temps
Entre l'immanquable et le manque.
Obstination
Coupable et permanente
Qui insuffle un improbable courant de liberté
Brûlant illico
Les peaux de la perception.
Il ne se passe rien.
D’atypiques oiseaux de volières
Renversées sur ma tête
Toutes portes ouvertes
Se jettent
Métalliquement
À portée de mes yeux
Et giflent le champ de ma pensée,
Entrechocs de silences nus
Ébouriffés de candeur et d'offenses.
Détonation silencieuse
Je recule, je recule,
Tandis que mon ventre tombe
Bombe
Déflagration
Plongeon par implosion
Effondrement sur fondations
Des paupières aux chevilles
Un empilement de gestualités balbutiantes
Dispersées dans la panique cérébrale
Aux commissures des narines
Aux interstices des lèvres,
Clairsemés jusque dans mes yeux…
Je
Respire
Flanquée à terre
Les racines dénudées
(Revue Serta, n°9, janvier 2007)
Des textes de Myriam Eck à venir dans le n°15 de N4728











