26 janvier 2009
Cécile Guivarch
heurts cognent dur au corps ces sommes de petits
coups portés loin s'en faut y voir clair et puis déjà yeux fermés comme ça rien n'y fait c'est en toute logique pas tant que là où mince m'y coince les doigts que ça part en vrille de tous les côtés à ne plus savoir quoi du doigt ou de l'œil voit le plus clair à côté de ses pompes et puis zut comment y revenir après tout histoire de pas grand-chose qui tient au souffle respirations de tout un siècle ou deux de générations qui se succèdent ici là pas forcément mais qui sont autant brins bouts des racines
quelqu’un
au jardin il n’en a que le nom si envahi décombres
l’autre
le fou va pas signer ça emmerde grave les dix autres
(Coups portés, inédits, textes en cours d'écriture, 2009)
22 janvier 2009
Pollock attend Pollock
Le
vertige Pollock. Et peut-être comment nous nous atteignons par Pollock,
figure et énigme. Pendant quelque 70 pages nous tournons dans cette
cage où Pollock s’acharne à s’échapper, à tomber en lui-même.
(Lire ici, chez Jérémy Liron)
Lire aussi:
- sur Terre à ciel
- Chez Joachim Séné / Journal écrit
19 janvier 2009
En attendant Pollock... (3)
15 janvier 2009
En attendant Pollock... (2)
Pollock
a connu des moments de bonheur, tout de même ; et il est très probable
que ces moments se déroulèrent à East Hampton. Il passait de longues
heures dans la nature, avec la nature. Si l’on veut mesurer et sentir
le changement de l’art dans son rapport à la nature, il faut citer le
peintre américain qui aurait dit : « je suis la nature».
(Olivier Deprez / Blog La nouvelle lettre du jeudi. Lire la suite de ses notes sur une biographie de Pollock par Steven Naifeh et Gregory White Smith )
13 janvier 2009
En attendant Pollock...
Hans Namuth […] a tourné deux films, en 1950, dans l’atelier de Jackson Pollock, à East Hampton où il vivait depuis son départ de New-York en 1945.
.
Le premier film, en noir
et blanc, tourné au début de l’automne dure six minutes. Il est enregistré en
un long plan séquence dans l’atelier, tandis que l’artiste travaille à une
toile posée à même le sol, sans châssis. On voit Pollock travailler, comme s’il
avait entièrement oublié la caméra, à Autumn Rhythm : Number 30 et à One : Number
31.
Le second film, tourné en
couleur, dure dix minutes. Il est plus ambitieux et a nécessité un méticuleux
montage. Il porte sur deux expériences, menées en plein air, devant l’atelier —
sans doute pour éviter les frais supplémentaires d’éclairage de l’atelier. On y
voit tout d’abord Pollock peindre sur une longue toile posée à terre. Il
exécute ensuite une œuvre sur une plaque de verre, tandis que la caméra est
placée en dessous. Pollock y dispose des éléments en fer, des bouts de papier,
avant de passer à la peinture. La plaque de verre qui a servi au tournage du
film, aujourd’hui intitulée Number 29, 1950, est conservée à
[…]
Hans Namuth est venu durant tous les week-ends d’octobre et de novembre. Les exigences techniques ont fait que quelques minutes de plan utilisable demandèrent une journée, parfois un weekend entier de tournage. Hans Namuth savait très précisément ce qu’il voulait et était aussi directif que parfois autoritaire. À la fin de la dernière séance, Pollock est rentré chez lui et a pris, pour la première fois depuis deux ans, une bouteille de bourbon et s’est mis à boire sans s’arrêter — ne cessant de dire « je ne suis pas un imposteur ». Une immense détresse le saisit.
(Texte extrait de Jackson Pollock ou l'invention de l'Amérique, Fabrice Midal, Editions du Grand Est, 2008. Premier chapitre téléchargeable.)
*
On peut aussi jouer à Pollock sur écran. Drôle 30 secondes mais ne casse pas trois pattes à un canard.
04 janvier 2009
Nicolas Grégoire
21.12.08
Les chiens, très peu, en retard. Sûr qu’on ne
pourra rien dire d’autre là-dessus. On pensait plus mais non. Pour le reste,
perte encore avec une image qu’on n’arrive pas à caler. Le bruit seulement qui
tambourine entre entrée et sortie de cabinet.
Point.
22.12.08
A l’écart. Juste un passage et on sait ce qui
manque ou pèse ou je ne sais quoi. Demain seul avec ses 8 heures de vol, même
plus. On bute encore, tête première contre, qu… , quoi ?
Vide. Ce n’est que pure perte encore.
28.12.08
Carnet tendu à vide. Impression d'échec,
encore, on ne s'accroche qu'à un sourire. Rien de plus. On est donc finalement
toujours aussi seul, on le sait, dans son jus - à côté plutôt - ou autre ou.
31.12.08
Très peu, etc. Dire plus mais non, roue libre
encore et creuse. Pollock glisse. Retour de tête, le poids posé ailleurs, on n'est pas plus ici ou là mais ça
tient, de peu. Paysage et le reste. Sans jamais savoir, on finit à côté, ici
aussi, dans le silence de ses murs.
(Ça qui frappe après angoisse, doutes, et rire.)
(extrait de ses restes / de loin, inédit, 2008) / Photo Nicolas Grégoire, Rwanda, 2008



















