29 mars 2009
Olivier Bourdelier
Les mots sont les mêmes je marche
pousse mon poumon noir devant
sans doute j'ignore sans doute
je n'ai pas de hâte j'ai
crainte de ma mort et toi.
Une lecture de J-P. Dubost sur Poezibao
(si la lune est là, pré#carré, mars 2009)
23 mars 2009
Patrick Wateau
La crainte que nous éprouvons dans l'obscurité, est la véritable obscurité. (Celle qu'il faudrait enfermer dans une boîte avec quelques rayures d'aiguille.)
Personne ne conteste que la direction du vent appartienne uniquement au vent. Pourtant le monde est plein d'histoires sur ce mystère.
Ecrire dans la langue de la diminution (perdendosi, diminuendo) avec rien. Pas même le pur disparaître de l'anonymat.
Le vent, souvent. Soulèvement de la neige par le vent et bourrasque des choses, à cause du point d'attache du dehors qui se désorganise lui-même intérieurement.
Pourtant, à ce moment, chaque chose fait connaître sa nécessité, moindre chose du monde, comme s'il ne restait plus, pour ramener la blancheur au niveau des deux branches, qu'à incliner le ciel en maintenant la petite branche au-dessus de la grande.
(Docimasie, José Corti, p.21 et 35, 2001)
05 mars 2009
Antoine Emaz
Puisqu'on parle déjà de Cambouis ici, là et là...
*
voir les choses comme
elles sont
autant que possible
ce soir non
ce soir pas
plus loin
ce soir
tout de même
il y a les arbres la nuit
et puis la vie qui va
à travers sang
de terre des morts remontent
en mémoire
tête éponge
des tâches de couleur
sans figures précises
tant elles sont passées
derrière d'autres déjà
présentent
on n'en finira pas
on laisse les yeux
on s'en détache on ne s'en fout pas non
on s'épargne on
verra demain sans doute
ce ne sera pas plus clair
mais on aura gagné un jour
(Un de ces jours, avec des bois gravés de J.-M. Scanreigh, Café de l'Aspic, éditeur à Nîmes, 50 exemplaires, 1999)






