mots_tessons

Poésie

24 juin 2009

Alexandre Valassidis


      Je connais des endroits, j'ai noté les trajets.
      La nuit, la mer s'écrit à reculons, ouvre des bras
      Immenses qui ont des bouches minuscules.
      j'ai noté:

      la rue aux réverbères, et le voisinage dans les fenêtres
      entre les poumons.
      Le monde.

le_monde

      Plus loin, des voix s'inquiètent,
      où est ma voix?

      Il faut rentrer les mains dans le corps,
      activer les mécaniques subalternes, sous-jacentes,
      sourdes.
      Le monde.

      Demain, j'arracherai (avec la main triste que j'ai) le feuillet qui

      portait la date d'aujourd'hui.

.

(La nouvelle poésie française de Belgique, Taillis pré, 2009 / extraits de Gravats, à paraître)

Posté par mots_tessons à 11:51 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

des voies

ma voie

où la voix
des autres
cesse
à reculons
tourner
la page
des maux
laissant
le voile
aux mots ..

Posté par V+, 25 juin 2009 à 21:44

Avec Un récit de Raymond CARVER

Il commença le poème à la table de la cuisine,
une jambe croisée par-dessus l'autre.
Pendant un temps, il écrivit comme si
le résultat ne l'intéressait qu'à moitié. Ce n'était pas comme s'il n'y avait pas eu assez de poèmes dans le
[monde.
Le monde avait des poèmes à foison. En outre,
il avait été absent plusieurs mois.
Il n'avait même pas "lu" un poème depuis des mois.
C'était quoi, cette vie ? Une vie
où un homme est trop occupé même pour lire des
[poèmes?
Pas une vie. Ensuite il regarda par la fenêtre
la maison de Frank, au pied de la colline
[...]
Il approcha la table et décroisa les jambes.
[...]


----------------

Raymond CARVER, La vitesse foudroyante du passé, traduit par Emmanuel MOSES, Points, Editions de l'Olivier, 1996,p.127.

Posté par Causeuse, 12 juillet 2009 à 13:43

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=93943&pid=14190617

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :