26 janvier 2009
Cécile Guivarch
heurts cognent dur au corps ces sommes de petits
coups portés loin s'en faut y voir clair et puis déjà yeux fermés comme ça rien n'y fait c'est en toute logique pas tant que là où mince m'y coince les doigts que ça part en vrille de tous les côtés à ne plus savoir quoi du doigt ou de l'œil voit le plus clair à côté de ses pompes et puis zut comment y revenir après tout histoire de pas grand-chose qui tient au souffle respirations de tout un siècle ou deux de générations qui se succèdent ici là pas forcément mais qui sont autant brins bouts des racines
quelqu’un
au jardin il n’en a que le nom si envahi décombres
l’autre
le fou va pas signer ça emmerde grave les dix autres
(Coups portés, inédits, textes en cours d'écriture, 2009)
04 janvier 2009
Nicolas Grégoire
21.12.08
Les chiens, très peu, en retard. Sûr qu’on ne
pourra rien dire d’autre là-dessus. On pensait plus mais non. Pour le reste,
perte encore avec une image qu’on n’arrive pas à caler. Le bruit seulement qui
tambourine entre entrée et sortie de cabinet.
Point.
22.12.08
A l’écart. Juste un passage et on sait ce qui
manque ou pèse ou je ne sais quoi. Demain seul avec ses 8 heures de vol, même
plus. On bute encore, tête première contre, qu… , quoi ?
Vide. Ce n’est que pure perte encore.
28.12.08
Carnet tendu à vide. Impression d'échec,
encore, on ne s'accroche qu'à un sourire. Rien de plus. On est donc finalement
toujours aussi seul, on le sait, dans son jus - à côté plutôt - ou autre ou.
31.12.08
Très peu, etc. Dire plus mais non, roue libre
encore et creuse. Pollock glisse. Retour de tête, le poids posé ailleurs, on n'est pas plus ici ou là mais ça
tient, de peu. Paysage et le reste. Sans jamais savoir, on finit à côté, ici
aussi, dans le silence de ses murs.
(Ça qui frappe après angoisse, doutes, et rire.)
(extrait de ses restes / de loin, inédit, 2008) / Photo Nicolas Grégoire, Rwanda, 2008
17 décembre 2008
Déborah Heissler
I
A Ph. Rahmy
Tôt après le ciel
dans l’herbe, brisé
rêver l’ocre des os
où le temps s’effondre
– cloués ces corps
le
rossignol, la muse
buissonnière
la
belle aux lèvres de glue –
cloué l’ivoire aussi
sous la mâchoire de
sa dent olivâtre, douce
à la langue
comme une corneille
aux
champs de Van Gogh
(inédit)
Entrée ouest, le blog de D.H.
12 novembre 2008
Mathieu Brosseau
Masque, masque, masque. Le feu pour sortir de l’autofiction. Se tirer
de là. Pour recevoir l’onction (dit-on). Pour mieux s’absenter,
s’extraire de ça.
Les terrassements du vide sont les trous du sens, les possibles, là où
la raison tourne. Car c’est par les possibles que les choix nous
vrillent, nous blind, nous amènent à vous, dehors par dedans et
inversement.
(centre duo / Photo S. Dussel)
Bref, regarde les racines plantées dans les minéraux du crâne, dans
cette gueule-boule-d’os, dans ces gouffres, ces inters secs où la
raison s’effiloche. Allez, regarde les racines, mains blanchement
gantées à cran dans la terre.
Ne peut suivre que l’appréciation ! La vue survit le sens, c’est chose
sûre !
La vie vide apparaît soudainement comme le substrat idéal du
communicant, la terre de sable dans laquelle pousse la fleur, celle-
là. La beauté, seule tentation d’après la fin de tout. Seule
respiration hors-du-monde, les pétales dessinent en leur sein des
géométries qui n’éveillent en retour que mes larmes, moi qui suis
aussi nu qu’excité. Occasion d’être en relation supérieure………….. Moi
qui suis lié par les larmes et la vue à cette végétation isolée, à
cette poussée de l’âme sur le chemin de l’anneau.
.
(Texte inédit / Extrait de La nuit d'un seul / à paraître)
.
Lire Mathieu Brosseau ici ou bien ici et bientôt ici.
Sa revue Plexus-S.
22 juin 2008
Nicolas Grégoire
Arvo Pärt - Alina
Pour Marc Dugardin
décaler
la tête
contre
trop de
mon père
peur d'être
sans prise
le ventre
ou
- peut-être que
tu aurais dû
mettre
autre chose -
les nerfs
comme des aiguilles
Du ! Dein Mutter
ist tot
gorge pleine
obstruée
ou
mimée ouverte
jusqu'à
mordre baxter
avec promesse
de mort
chevaux autour
bière seul
pour forcer
l'air lourd
le crâne
- toujours ça
le crâne -
à coups
de sons
répétés
et le cul
colle
aux chaises
d'une nuit
qui tarde
ça rit
de loin
s'épuiser
vomir
quitter aiderait
si seulement
y avait
assez
(se tirer de, 2008, inédit)
On peut lire également trois textes de Nicolas Grégoire dans le dernier numéro de la revue N4728. Il est d'ailleurs l'heure de s'abonner ou de se réabonner.











